le sénateur
Maîtrise
Présentation du DEA
Partie de maîtrise
introduction
le mandat municipal
le conseil général
le sénateur
LIENS
 
3) L’apothéose politique, l’accession au Sénat :
Comme de nombreux ex - députés, Alphonse Pierre De Cardevacque se présente aux élections sénatoriales du Pas De Calais. Le Sénat est, pour les anciens du Palais Bourbon, une sorte de couronnement de leur carrière politique. La plupart du temps, les sénateurs sont également maire, voire conseiller général. Le Palais du Luxembourg permet de finir une carrière politique « dans une atmosphère douillette et relativement apaisée » .
Alphonse Pierre De Cardevacque, maire d’Havrincourt et conseiller général du canton de Bertincourt, se représente donc à une élection nationale, cinq ans après avoir non - renouvelé son mandat de député. Son grand âge, 80 ans, ne l’empêche pas de vouloir continuer la politique au niveau national. En 1886, à la suite du décès de Victor Hamille (bonapartiste, sénateur depuis janvier 1885), le marquis d’Havrincourt saisit l’opportunité d’un mandat de sénateur. Il se présente contre le républicain Camescasse. Il est élu le 14 février 1886, par 876 voix sur 1736 votants ; il devance son adversaire du jour, Camescasse, de seulement 16 voix (876 contre 860 suffrages) , et devient ainsi sénateur pour le département du Pas De Calais. Son mandat ne dure que cinq ans et doit être renouvelé en janvier 1891 : contrairement au mandat habituel des sénateurs, qui est de 9 ans, Alphonse Pierre De Cardevacque ne doit siéger que cinq années car il reprend le siège d’un sénateur décédé. En effet Victor Hamille, décédé en février 1886, et qui était sénateur depuis janvier 1885, avait lui aussi remplacé un sénateur décédé, le républicain Devaux, élu le 8 janvier 1882 . Le marquis d’Havrincourt termine donc la législature sénatoriale de Devaux et de Hamille, ce qui lui fait cinq années au Palais du Luxembourg. La carrière politique nationale d’Alphonse Pierre De Cardevacque se finit avec ce mandat de sénateur en janvier 1891 lorsqu’il décide de ne pas se représenter au Palais du Luxembourg.
Mais pendant son passage au Sénat, le marquis d’Havrincourt prit la parole à de nombreuses reprises et défendit de nombreux projets, contrairement à sa législature de député entre 1877 et 1881 où il ne prit aucune fois la parole. Sénateur de droite, siégeant dans le groupe bonapartiste, il vota, comme ses partenaires, contre le rétablissement du scrutin d’arrondissement (13 février 1889), contre la proposition de loi tendant à interdire les candidatures multiples (15 juillet 1889), contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse et contre la procédure à suivre devant le Sénat contre le général Boulanger . Hormis ces questions politiques, Alphonse Pierre De Cardevacque prit également vigoureusement part aux discussions et votes concernant les questions économiques et agricoles : lors de la séance du 8 août 1890, il fit un plaidoyer en faveur de l’industrie sucrière et protesta contre l’augmentation des droits sur les sucres qui était envisagée. De plus, dès les premiers mois de son mandat de sénateur, le marquis d’Havrincourt fit un discours très remarqué sur la question des sucres.

La rigueur, l’intérêt et la pugnacité avec laquelle Alphonse Pierre De Cardevacque intervient sur les questions agricoles, pendant ses différentes législatures, sont à rapprocher de la situation professionnelle du marquis d’Havrincourt. Il est, en plus de ses responsabilités politiques, un exploitant agricole et un grand industriel de la sucrerie du Pas De Calais.

Havrincourt
janvier 2004